Texte 3
La vie au marché de Saint-Hyacinthe

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Un marché agricole est installé à Saint-Hyacinthe depuis 1796. À cette époque, il s'agit tout simplement d'un terrain laissé en friche où se fait la vente des produits de la ferme. En 1827, un hangar de bois est construit sur cet emplacement situé tout près de l'emplacement actuel du marché. En 1830, Jean Dessaulles, seigneur de Saint-Hyacinthe, cède à la ville le terrain actuel du marché. On y déménage le hangar de bois qui sera agrandi et restauré à plusieurs reprises. En 1856, un premier marché en briques est construit avec une salle à l'étage. Suite au terrible incendie de 1876 qui détruit presque entièrement le centre-ville, on construit un nouveau marché de briques qui sera inauguré en 1877. Ce bâtiment est construit sur les fondations de l'ancienne construction, mais les ailes de chaque côté du carré central seront agrandies. L'édifice est aussi plus haut, les ailes latérales atteignant 10 m, et un étage est construit sur toute la longueur. Son architecture est classique si l'on tient compte du plan et de la disposition des ouvertures qui sont symétriques. Cependant, la tourelle surmontant la partie centrale est d'inspiration victorienne. En 1879, le dernier seigneur de Saint-Hyacinthe, Robert A. Jones, offre l'abreuvoir situé devant le marché, du côté de la rue Cascades. (On l'aperçoit en partie sur la photo 6 de la section " Preuves visuelles 2 ") Cet abreuvoir est conçu pour désaltérer d'un côté les hommes et de l'autre les chevaux. En 1878, on construit dans le sous-sol du marché la première glacière et plusieurs autres seront construites au fil du temps. En 1889, le marché ayant de la difficulté à répondre aux besoins toujours croissants de la population, on ferme avec des murs vitrés le dessous de l'avant-toit ce qui permet d'abriter des étals qui étaient à l'extérieur.

Dans la deuxième moitié du 19e siècle, le marché est vraiment au coeur de l'activité urbaine. Les producteurs de la région viennent y vendre leurs produits et les citadins, y acheter leurs provisions. Il s'agit donc d'un lieu de rencontre privilégié. Dès 1850, le marché est ouvert 6 jours par semaine, du lever au coucher du soleil. Vers 1882, les heures d'ouvertures sont restreintes aux mardis, jeudis et samedis. On retrouve les étals des bouchers et des maraîchers à l'intérieur du marché alors que les autres produits sont vendus à l'extérieur. En 1898, un restaurant est aussi situé à l'intérieur. On peut acheter sur la place du marché des animaux vivants, du beurre, des oeufs, des fruits et des pâtisseries bien qu'il soit stipulé dans les règlements de 1856 que les marchands du marché ne doivent pas vendre les mêmes produits que les épiciers offrent dans leurs boutiques. En 1898, on retrouve aussi deux vendeurs de cuir sur la place du marché. Les produits offerts varient selon les saisons et les années.

Deux personnages importants travaillent au marché. D'abord, le clerc du marché qui est engagé par les syndics qui gèrent le marché. Ce clerc doit faire appliquer les nombreux règlements et faire payer les amendes à ceux qui ne les respectent pas. Il doit inspecter les aliments offerts par les marchands, régler les différents entre acheteurs et vendeurs, faire placer les voitures correctement, faire balayer la place du marché une fois par semaine l'été et faire niveler la neige en hiver. Le clerc s'occupe aussi de la pesée du marché, qui sert de référence en cas de doute sur les pratiques d'un marchand, et il doit veiller à ce que les personnes se trouvant sur la place du marché se comportent correctement. Il n'est pas permis à ces dernières de jouer aux cartes ou aux dés, d'être trop bruyantes ou de se conduire de manière désordonnée.

L'autre employé important au marché à cette époque est le crieur public. Depuis 1850 et au moins jusqu'en 1898, le crieur public travaille sur la place du marché. En plus de faire part des nouvelles locales, nationales et internationales, le crieur explique aux citoyens les nouveaux règlements et leur annonce les activités sportives ou culturelles qui se déroulent dans la région.

L'utilisation des salles situées à l'étage du marché est un aspect qui ne peut être passé sous silence car ces salles ont accueilli de représentants de la vie politique, culturelle et sportive de l'époque. Dès 1856, la salle se trouvant à l'étage de la partie centrale est utilisée par le conseil de ville. En 1857, les juges de paix viennent y siéger, rejoints en 1859 par les commissaires d'école qui s'en serviront eux aussi jusqu'en 1866. Les Soeurs de la Charité y tiennent un bazar pendant plusieurs années et des groupes comme la Société agricole et le Club des Trotteurs y tiennent leurs réunions. En 1869, la salle de l'étage sert même aux sportifs qui pratiquent le vélocipède et aux militaires qui y font leurs exercices. Dans la nouvelle construction de 1877, l'étage occupant toute la surface du marché, les possibilités d'utilisation sont nombreuses. La milice y pratique ses exercices, une petite bibliothèque est aménagée et différents organismes y tiennent leurs réunions comme l'Association des commis-marchands et le Club National ouvrier. Mais l'utilisation la plus importante demeure la salle de spectacle aménagée à l'étage. Cette salle accueillera la grande majorité des pièces jouées à Saint-Hyacinthe entre 1850 et 1900 et comme nous l'avons vu dans le texte 2, elles seront nombreuses!


Questions

1- Pourquoi affirme-t-on que le marché est au coeur de l'activité urbaine de l'époque?

2- Qui sont les deux principaux employés du marché et quels sont leurs rôles?

3- Lors de la construction du premier marché en briques en 1856, on place les documents suivants dans la pierre fondamentale : le nombre d'habitants de la ville, une copie de l'acte d'incorporation de la ville, le nom de l'entrepreneur ayant construit le marché, les noms des commissaires d'école, le nom de l'évêque, des prêtres de l'évêché et des directeurs du Collège de Saint-Hyacinthe.

Si vous deviez bâtir un édifice public aujourd'hui, quels documents choisiriez-vous pour rappeler notre époque aux générations futures?

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Cartes


Preuves visuelles


Synthèse

Bibliographie

Martine Boucher
boucherm@sympatico.ca
©Martine Boucher 2002. Droits de reproduction autorisés avec mention de la référence.