Texte 2
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Saint-Hyacinthe compte 3 194 personnes en 1851 et ce nombre passe à plus de 9 200 en 1901. La seconde moitié du 19e siècle voit plusieurs épidémies se propager au Québec et Saint-Hyacinthe n'échappe pas à ce fléau. Des épidémies de varioles et de choléra frappent la ville. À cette époque, 1 enfant sur 4 meurt avant d'atteindre l'âge d'un an. Sur 20 naissances, 8 enfants ne fêteront pas leur 15e anniversaire. L'incorporation du village de Saint-Hyacinthe a lieu en 1849 et l'année suivante, Saint-Hyacinthe obtient le statut de ville. Dès 1852, débute l'installation d'un premier réseau de distribution d'eau potable. En 1857, l'éclairage au gaz est introduit et en 1887, les rues de Saint-Hyacinthe sont éclairées grâce à l'électricité. L'agglomération compte trois ponts qui traversent la rivière Yamaska et permettent de relier la ville aux villages situés au sud. En 1854 et en 1876, deux incendies importants vont transformer le visage de la ville et en avril 1862, une grave inondation la ravage. Un événement décisif dans l'histoire de la ville est la venue du chemin de fer en 1848. Le tracé relie Longueuil à Saint-Hyacinthe, puis se dirige vers Richmond et Sherbrooke pour ensuite rejoindre Portland aux États-Unis. La venue du chemin de fer, en offrant aux industries un moyen de transport rapide pour leurs marchandises, joue un rôle déterminant dans la prospérité de Saint-Hyacinthe. Plusieurs usines viennent s'implanter. En 1873, on compte 22 manufactures dans la ville. Les industries de la chaussure et les tanneries font travailler un grand nombre d'hommes et de femmes de même que l'industrie textile, particulièrement les usines de tricots. On retrouve aussi des fonderies, des fabriques de fenêtres et chassis et une fabrique d'orgues. Certaines entreprises sont tout à fait maskoutaines, d'autres appartiennent à des investisseurs britanniques et américains. Une part importante de la population travaille aussi dans les différents commerces de la ville. La vocation commerciale de la ville est importante puisqu'elle déssert la population de la région. On retrouve, notamment, à Saint-Hyacinthe des boutiques de vêtements, de fils et de tissus, d'outils, de meubles, d'épices et d'ustensiles, une épicerie, une bijouterie et une librairie. La ville compte 14 hôtels en 1885, plusieurs situés autour de la place du marché. Ils accueillent les hommes d'affaires de passage, les voyageurs et les nombreux voyageurs de commerces qui sillonnent la province. La ville abrite aussi les différents services de la région. On y trouve le bureau de poste, le bureau des douanes, le palais de justice, une banque et de nombreux bureaux des membres des professions libérales tels que notaire et médecin. On retrouve aussi à Saint-Hyacinthe un hôpital (l'Hôtel-Dieu) et les bureaux de la société de secours mutuels, ancêtre des compagnies d'assurances actuelles. Les fonctions religieuses et éducatives de la ville se côtoient. En plus des églises et de la cathédrale, la ville abrite le Séminaire qui forme les garçons dans le cadre du cours classique. Elle accueille en 1858 les religieuses de La Présentation de Marie qui prennent en charge l'éducation des filles. En 1892, les religieuses de Saint-Joseph s'installent à leur tour à Saint-Hyacinthe et enseignent dans les écoles primaires ou supérieures de la ville. La ville compte plusieurs écoles primaires catholiques à cette époque. D'ailleurs, tout au long de la seconde moitié du 19e siècle, la population deviendra de plus en plus scolarisée. En terminant, on ne peut passer sous silence la vie culturelle dynamique de la ville. Le théâtre est particulièrement vivant. Des troupes de théâtre amateur locales offrent des représentations à la population et des troupes professionnelles viennent de Montréal ou de l'étranger pour se produire à Saint-Hyacinthe. Entre 1850 et 1900, c'est plus de 300 pièces qui sont annoncées dans les journaux locaux. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, c'est la salle du marché qui accueille les différentes troupes. Cette salle accueille aussi la première projection cinématographique en sol maskoutain le 19 avril 1897. De plus, la musique occupe aussi une place importante dans la vie culturelle avec de nombreuses formations musicales dont la Société Philharmonique de Saint-Hyacinthe fondée en 1879. Le journal local, qui est encore en activité de nos jours, le Courrier de Saint-Hyacinthe, est fondé en 1853. D'autres seront créés à cette époque. Des maisons d'éditions sont aussi fondées à Saint-Hyacinthe et l'élite consomme de nombreux livres et périodiques. Cette même élite organise aussi des groupes de discussions. De nombreux photographes ont, de plus, travaillé à Saint-Hyacinthe à la fin du 19e siècle. Questions 1- Identifiez certains facteurs ayant permis le développement important de la ville à cette époque. 2- Identifiez les différentes fonctions de la ville pour la région. 3- La ville où vous habitez possède-t-elle les mêmes fonctions? |
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Martine Boucher |
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