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| Les termes d'urbanisation et d'industrialisation sont importants
dans l'histoire du 19e siècle au Québec. Et bien
qu'ils soient liés, ils ne sont cependant pas synonymes. Le terme
industrialisation renvoie au passage d'une économie centrée
sur l'agriculture à une économie dépendante des industries
mécanisées. La réelle implantation industrielle débute
au Québec vers 1850 avec le développement du chemin de fer
et le réaménagement du canal Lachine qui augmentent la
rapidité des communications. D'autres facteurs permettent
l'avènement de l'industrialisation au Québec dont l'implantation
des banques et des compagnies d'assurances qui peuvent financer les projets
industriels. De plus, l'utilisation de l'énergie hydraulique pour
faire tourner les machines accroît la productivité et permet
la fabrication de biens de consommation à un moindre coût que
la fabrication à la main. À cela s'ajoute une main d'oeuvre
peu qualifiée, n'exigeant donc pas de hauts salaires et rendue abondante
par une forte immigration irlandaise et anglaise et par une surpopulation
agricole qui chasse la population vers les villes. Ces populations ne produisant
plus de leurs mains leurs produits d'usage courant doivent maintenant les
acheter et encouragent de ce fait l'industrialisation.
Au Québec, une première période d'implantation industrielle, couvrant les années 1850-1870, voit se développer surtout le domaine du bois, du fer, des meuneries et de la chaussure. À partir de 1880, l'implantation des tarifs douaniers, l'agrandissement du marché canadien, né de la colonisation de nouveaux territoires, la spécialisation des producteurs agricoles et la croissance des villes entraînent une plus grande demande pour les produits manufacturés et donnent un nouveau souffle à l'industrialisation. Durant cette période, les productions sont plus diversifiées et les secteurs du textile, du vêtement et de la chaussure occupent une grande place. On retrouve aussi des industries dans le domaine de l'alimentation, du bois, du fer, de l'acier et du tabac. Les conditions de travail dans ces usines, de plus en plus nombreuses, sont très mauvaises. Dans les années 1880, la semaine de travail normale est de 60 heures. Malgré cela, le salaire d'un ouvrier ne suffit pas à faire vivre une famille. Les femmes et les enfants joignent donc, pour des salaires dérisoires, les rangs des travailleurs. Les usines sont malsaines, le travail est souvent dangereux et les nombreuses périodes de chômage tout comme les fréquents accidents de travail laissent les ouvriers sans ressources et à la remorque des oeuvres de charité. L'urbanisation, c'est-à-dire le regroupement des populations dans les villes, est amorcée avant le 19e siècle, mais l'industrialisation accélère ce phénomène. En attirant les travailleurs, elle modifie le visage des villes. La population urbaine augmente de 140 % entre 1870 et 1901. Avant 1850, les seules véritables villes au Québec sont Montréal et Québec et elles servent ni plus, ni moins à distribuer les produits et les services à la population. Mais avec le développement du chemin de fer et l'industrialisation qui débute, les villages situés près des rails se transforment et doivent organiser leur développement et leurs services à la population. En 1851, environ 15% de la population du Québec vit en ville alors qu'en 1901, le taux est de 36%. En ville, la densité plus élevée de la population augmente les risques d'incendies et entraîne la détérioration des conditions sanitaires. Surtout dans les quartiers ouvriers entassés près des usines, les épidémies sont fréquentes et la mortalité infantile très élevée. Peu à peu, des services s'organisent comme la cueillette des déchets, la construction des aqueducs et des égouts et la mise sur pied du service de police et de pompier. Il n'en demeure pas moins que les conditions de vie en ville sont difficiles pour une grande partie de la population.
1- Pourquoi a-t-on l'habitude de lier ces deux phénomènes que sont l'industrialisation et l'urbanisation? 2- Nommez trois facteurs qui ont contribué à l'industrialisation du Québec. 3- Pourquoi les conditions de vie en ville sont-elles difficiles pour les travailleurs? |
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Martine Boucher |
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