Le créateur du petit monde des Brownies
L'illustrateur
et écrivain Palmer Cox voit le jour dans une ferme du Rang Sud
située entre Adamsville et Granby, le 28 avril 1840. Pendant
son enfance, il ne se lasse pas d'écouter les histoires folkloriques
que sa mère et sa belle-mère, dorigine écossaise,
lui racontent. Cest le personnage du Brownie, un gnome légendaire
ayant pour rôle d'aider aux corvées ménagères,
qui limpressionne le plus et dont il sinspirera dans les
nombreux livres illustrés qui le rendront célèbre.
Palmer
Cox étudie au Granby Academy avant de quitter le pays pour les
États-Unis, en 1858. Il y déniche un emploi dans la finition
du bois utilisé dans la décoration intérieure de
wagons de trains. Plus tard, avec son frère Edwin, il part pour
l'Ontario où il exerce le métier de monteur de charpentes
de grange. On dit que, pendant ses pauses, il dessine sur les poutres.
En janvier 1863, après un long voyage à pied à
travers l'isthme de Panama, il arrive à Oakland, en Californie.
Il s'y installe, devient citoyen américain et, après une
période à l'emploi d'une compagnie qui construit des bateaux
à vapeurs et des wagons de trains, il part pour San Francisco.
Là, il exerce aussitôt le métier d'écrivain
en signant des articles et des poèmes dans des journaux comme
lAlta California, le Golden Era et lExaminer.
C'est en 1874, en Californie, qu'il publie son premier volume intitulé
Squibs of California. Ce livre, basé sur son journal intime,
comprend 500 pages et 183 illustrations et contient des histoires, des
nouvelles et des poèmes.
À 35 ans, Palmer Cox déménage à New York
où il devient l'artiste en chef de la revue Uncle Sam
: The American Journal of Wit and Humor. Il signe aussi des articles
dans des périodiques tel Scribners, avant de publier trois
volumes et de collaborer à des magazines pour enfants comme Wide
Awake, Harper's Young People et St. Nicholas. En 1883, la
première aventure des Brownies, imprimée dans le
réputé magazine St. Nicholas, propulse le dessinateur
granbyen, alors âgé de 47 ans, au sommet de la réussite.

Palmer Cox vivra à Long Island de nombreuses années. En
1904, alors âgé de 64 ans, il se fait construire une vaste
résidence à Granby, le
Brownie Castle. Il y décède
le 24 juillet 1924 et est enterré au cimetière de la rue
Cowie.
L'oeuvre de Palmer Cox
De 1874 à 1918, Palmer Cox publie 25 volumes dont 13 de Brownies,
qui sont, en fait, une compilation (auxquelles sajoute quelques
pièces originales) des histoires de Brownies parues dans les magazines
pour lesquelles ce dernier travaille. Ses volumes seront publiés
à New York et à Londres et plusieurs seront traduits en
russe et en français. À ces publications, sajoutent
deux cantates, dont la musique est composée par Malcolm Douglas
(son mécène), et la réalisation de nombreuses publicités
pour le compte de grandes entreprises.
En
1894, à la suite du succès remporté par la pièce
Palmer Coxs Brownies, qui a tenu laffiche pendant
plus de 100 représentations à New York, Palmer Cox fonde
une compagnie théâtrale, The Brownie Company, qui effectuera
une tournée de cinq ans à travers les États-Unis.
Elle se produira également au Canada dans les villes de Montréal
et Toronto. Pour donner une idée de lampleur de la production,
mentionnons que 5 wagons de chemin de fer sont nécessaires pour
assurer son transport.
Les Brownies
Les
Brownies sont des lutins espiègles inspirés dune
légende écossaise qui vivent leurs aventures dans lAmérique
du Nord des années 1880-1920. Lors de leurs joyeuses escapades,
toujours nocturnes, les Brownies imitent maladroitement les activités
des humains à qui ils souhaitent pourtant venir en aide. Curieux,
désordonnés, imprévisibles et téméraires,
les Brownies samusent de toutes les situations; tantôt sportifs,
navigateurs, écoliers ou explorateurs ils savent captiver le
cur et lesprit des enfants anglo-canadiens et américains
de lépoque, leur faisant découvrir de manière
amusante le monde changeant qui les entoure. Parmi la multitude des
Brownies, certains ont leur propre personnalité : laristocrate
Cholly Boutonniere, le policier Patrolman Moveon, lAméricain
Uncle Sam. On remarque aussi la présence dun Chinois, dun
Inuit, dun Canadien français, seuls les Noirs, semble-t-il,
étant exclus du monde imaginaire de Palmer Cox.
ARCHIVES ET DOCUMENTS
Société dhistoire de la Haute-Yamaska, Fonds Palmer
Cox, Granby.
Bourke, Sheila, Wayne Morgan, The Brownie World Of Palmer Cox,
Montreal, McGill University Librairies, 1997, 28 p.
Cummins, Roger, Humorous But Wholesome : Palmer Cox and his Brownies,
New York, Century House, 1973, 254 p.
Gendron, Mario, Johanne Rochon, Richard Racine, Histoire de Granby,
Granby, Société dhistoire de la Haute-Yamaska, 2001,
512 p.