POÉSIE
/ LÉONISE VALOIS Atala-Amanda
Léonise Valois naît à Vaudreuil Village, le 11 octobre
1868. Fille de Louis-Joseph-Avila Valois, médecin, et de Marie-Louise
Bourque, Léonise Valois fait des études au couvent de Beauharnois
jusqu'à l'âge de quinze ans. Comme toutes les jeunes filles
de la bourgeoisie de l'époque, elle maîtrise bien l'anglais,
est instruite et désire parfaire ses connaissances. Elle se sent
plus proche de son père, qui est un érudit, que de sa mère
qui a peu d'instruction. Issu d'une famille de patriotes passionnés
par la justice et la politique, Avila Valois influence énormément
sa fille qui milite pour les causes des femmes dans une société
où la religion et la censure font force de loi. Un autre homme
joue un rôle prépondérant dans la vie de la poète
: lavocat et homme politique Rodolphe Lemieux, à qui elle
n'a pu avouer son amour que dans des poèmes aux vers enflammés
comme Réminiscence.
En 1898, à la mort de son père, Léonise Valois a
trente ans. Afin de subvenir aux besoins de ses frères et soeurs,
elle cumule deux emplois et fait ainsi le vu d'être célibataire.
Elle travaille donc comme fonctionnaire à l'Hôtel des postes
et met aussi son talent de journaliste au service de la presse québécoise,
s'inscrivant ainsi comme pionnière dans ce domaine. Léonise
Valois fait ses débuts littéraires en 1899 dans Le Monde
illustré, comme rédactrice d'une rubrique pour les femmes
intitulée « Au Coin du feu ». Quatre ans plus tard,
elle signe la page « Le Royaume des femmes » du journal La
Patrie. Mais ce n'est qu'en 1910, et à ses frais, que son recueil
de poésie, Fleurs
Sauvages, voit le jour aux éditions Beauchemin.
En 1934, son livre de poésie Fleurs Sauvages est réédité et lauteure se mérite le premier prix au concours de poésie de la Société des Poètes canadiens-français. À la suite de complications post-opératoires, Léonise Valois meurt le 20 mai 1936, après s'être taillé une place dans la mémoire journalistique et littéraire du Québec. L'oeuvre de Léonise Valois C'est sous le pseudonyme d'Atala - l'héroïne amérindienne de Chateaubriand - que les lecteurs entrent dans la quête romantique de Léonise Valois. Ses parents et amis de Dorion la côtoient tous les jours lorsquelle séjourne l'été dans la maison près de l'eau où flotte le drapeau de la France. Dans cette retraite estivale, elle s'adonne à sa passion, l'écriture.
Éloignée du courant littéraire de son époque
qui reflète davantage la vie du terroir et de ses paysans, la poésie
de Léonise Valois, qualifiée de « timide et naïve
» par certains, traite d'amour déçu. Dans Fleurs
sauvages et Feuilles tombées, Atala idéalise
l'amour et la vie avec sensibilité et insuffle un romantisme nouveau
à la poésie moderne, plus audacieuse et plus dépouillée.
Léonise Valois, qui signe des chroniques sur le féminisme,
le célibat et l'amour, prépare à sa manière
la venue des femmes poètes des années 1920 à 1930.
La critique fait bon accueil autant à ses chroniques qu'à
son recueil. M. Edmond-Zotique Massicotte, secrétaire de direction
de la revue littéraire Le Monde Illustré, la présente
ainsi à ses nouvelles lectrices : « ...nous avons confié cette page à Mademoiselle Atala, dont les connaissances et le talent littéraire seront fort appréciés par nos lectrices. Son pseudonyme voile à peine une de nos plus gracieuses plumes féminines et nous croyons qu'elle saura plaire à ses nombreuses lectrices ». En 1920, dans sa Brève apologie de nos auteurs féminins, Georges Bellerive rend hommage à la plume d'Atala comme l'avait fait Antonio Pelletier avant lui. Beaucoup lui reprochent des licences poétiques, de ne pas renouveler la forme. Mais, le fait d'être la première femme à publier un recueil de poésie la place en marge de toutes comparaisons et donne à son oeuvre une valeur encore plus particulière.
Un dossier concernant Léonise Valois peut être consulté au Centre dhistoire de la Presquîle, à Vaudreuil. Bibliographie
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