| ROMAN /
GERMAINE GUÈVREMONT
La fascination de la liberté totale
Germaine Guèvremont est l'une des figures de proue de la littérature
québécoise. Cette romancière se fait connaître
par son roman Le Survenant, l'une des premières oeuvres
romanesques à être adaptée pour la télévision
d'ici. Née à Saint-Jérôme, le 16 avril 1893,
d'une famille d'écrivains - Claude-Henri Grignon, auteur d'Un
homme et son péché, est son cousin - elle vit sa petite
enfance entre un père protonotaire, poète et musicien, Joseph-Jérôme
Grignon, et une mère peintre, Valentine Labelle. De 1899 à
1912, elle fait des études prirmaires à Sainte-Scholastique,
Saint-Jérôme et Lachine avant de quitter ses montagnes pour
le Loretto Abbey de Toronto, où elle termine des études
en anglais et en piano. C'est lors d'une visite à Ottawa qu'elle fait la connaissance d'Hyacinthe Guèvremont qu'elle épouse le 24 mai 1916. Quatre ans plus tard, le couple s'installe à Sorel. Ils auront cinq enfants. En 1926, pour tromper l'ennui et la peine causés par le décès de sa fille Lucille, alors âgée de trois ans et demi, Germaine Guèvremont, sur les instances de son beau-frère Bill Nyson, entre au Courrier de Sorel et au journal anglais The Gazette où elle signe plusieurs articles. C'est le début de sa carrière journalistique. En 1935, la famille Guèvremont s'installe à Montréal où Hyacinthe travaille comme évaluateur pour la ville. La Crise sévit, les temps sont durs et la nécessité oblige la future romancière à travailler comme sténographe et secrétaire aux Assises criminelles.
Premier roman canadien-français à paraître en France après la Deuxième guerre mondiale, Le Survenant y connaît un immense succès. Dans le numéro du 16 juin 1945, M. Maurice-Edgar Coindreau, critique littéraire d'un hebdomadaire français publié à New York, Pour la Victoire, encense ce roman régionaliste qui selon lui : « déborde les cadres étroits du genre et atteint l'universel ».
La radio contribue à la diffusion de l'oeuvre écrite et
atteint ainsi un plus large auditoire. À la télévision,
le téléroman du même nom garde l'antenne plusieurs
années. Germaine Guèvremont assume d'ailleurs l'adaptation
télévisée de 1954 à 1960, qui devient l'une
des émissions les plus populaires du Québec. « Et
j'accède à la télévision avec enthousiasme,
dira-t-elle, parce qu'il me semble que l'image rapprochera encore davantage
mes personnages du grand public ». Forte, aux multiples lectures, toute ancrée dans le « pays », exemple type de l'expression montérégienne, l'oeuvre de Germaine Guèvremont demeure à la charnière de la profonde mutation commencée dans la société québécoise, entre la tradition et l'acceptation du moderne et de l'étranger.
ARCHIVES ET DOCUMENTS La Société historique Pierre-de-Saurel à Sorel possède un dossier sur la romancière. On peut consulter la correspondance entre Germaine Guèvremont et le poète Alfred Desrochers aux Archives Nationales du Québec de l'Estrie, à Sherbrooke. Site internet : Dossier Germaine Guèvremont, recherche par Mario Lemoine. http://cf.geocities.com/g_guevremont/index.html Le Survenant, de Germaine Guèvremont, Édition critique par Yvan G. Lepage. Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1989, 366 p. (Bibliothèque du Nouveau monde). Marie-Didace, de Germaine Guèvremont, Édition critique par Yvan G. Lepage. Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1996, 446 p. (Bibliothèque du Nouveau monde). Le Survenant, de Germaine Guèvremont, par Alain Charbonneau. Montréal, Hurtubise HMH, 1997, 96 p. « Les îles de Sorel. À l'heure du Survenant et du chenal du Moine avec Germaine Guèvremont », dans Pays littéraires du Québec. Guide des lieux d'écrivains, par Denise Pérusse. Montréal, L'Hexagone-VLB, 1998, p. 194-203.
|