VAGUE YÉ-YÉ ET ROCK EN FRANÇAIS / LES HOU-LOPS


S’inspirant du rythm’n blues et du rock, à l’instar des Animals et des Rolling Stones, les Hou-Lops de Saint-Hyacinthe émergent, en 1962, parmi les premiers groupes de la vague pop. Le Dictionnaire de la musique populaire au Québec le considère en outre « comme l’un des meilleurs ayant endisqué au Québec dans les années 1960 ». Les Hou-Lops enregistrent leur premier disque en 1963, sur étiquette Météor. L’année suivante, leur engagement comme groupe attitré à l’émission Bonsoir copains, télédiffusée par CHLT, à Sherbrooke, fait grandir leur renommée. Après avoir remis les rênes de cette émission aux Sultans, un autre groupe maskoutain, les Hou-Lops prennent un important virage : ils se décolorent les cheveux et changent leur nom pour Têtes Blanches. C’est d’ailleurs sous le titre Voici les Hou-Lops/Têtes Blanches que paraît leur premier album, en 1964. Mais la période Tête Blanche n’aura été qu’un extravagant intermède, puisqu’une contestation judiciaire des Classels, qui avaient simultanément adoptés la même apparence, forcera l’ensemble de Saint-Hyacinthe à revenir, à la fin de 1965, à son premier nom et à son allure originale.

En 1964, le caractère distinctif des Hou-Lops s’affirme lorsque la journaliste Louise Rousseau devient leur parolière. À ce titre, elle signe À quoi bon, le troisième 45 tours du groupe, mais leur premier véritable succès. À la fin de l’année, une tournée européenne de six semaines permet aussi d’enrichir leur répertoire de chansons de Dick Rivers, d’Eddy Mitchell et d’Adamo, qui sont encore des inconnus au Québec.

Pas moins fébrile que la précédente, l’année 1965 entraîne les Hou-Lops en tournée provinciale avec les Baronets, Tony Roman et Dick Rivers; une première apparition à Jeunesse d’aujourd’hui les fait connaître à travers tout le Québec, alors que Blue jeans sur la plage, une composition de Louise Rousseau, devient la chanson que tous les jeunes fredonnent au cours de l’été. Pour couronner l’année, les Hou-Lops remportent le trophée du groupe yé-yé au Festival du disque pour leur album C’est chip.

En 1966, les Hou-Lops réalisent un rêve en assurant la première partie du spectacle des Rolling Stones à l’Olympia de Paris. De retour de ce deuxième voyage européen, le groupe arbore une toute nouvelle apparence : chemises et cravates à fleurs, pantalons rayés, longs favoris. Il réussit encore à s’imposer avec Oh non et Elle a changé de décor, deux compositions originales qui détonnent dans l’univers des traductions et des adaptations. Pendant la tournée Musicorama 1966, au cours de laquelle ils tiennent la vedette avec Johnny Hallyday, les Hou-Lops confirment leur réputation de meilleur groupe de scène du Québec.

Après avoir encore connu beaucoup de succès en 1967 et 1968, les Hou-Lops disparaissent de la scène artistique en 1969, avant même la mise en vente de leur dernier album, aussi brusquement, en fait, que la vague yé-yé qui les avait vus naître.

Au cours de leur carrière, les Hou-Lops/Têtes Blanches ont enregistré sous trois étiquettes : Météor, Apex et Canosa. Leur discographie originale comprend 18 45 tours et 5 microsillons. Parmi leurs plus grands succès, il faut mentionner Mother-in-law, Blue jeans sur la plage, Oh non!, Vendredi m’obsède, Je devine la vérité.