LA CHANSON WESTERN / WILLIE LAMOTHE


1920. Naissance, le 27 janvier, à Saint-Hugues-de-Bagot, de Guillaume Joachim Lamothe, le septième d’une famille de neuf enfants.

1924. Déménage avec la famille à Saint-Hyacinthe, quand le père trouve un emploi dans le chemin de fer.

1932. Participe comme cascadeur au cirque miniature des Frères du patronage.

1935. Joue du théâtre amateur au Club ouvrier de Saint-Hyacinthe.

1936-1939. Termine le cours commercial à l’Académie Girouard. Occupe plusieurs emplois; devient, en 1937, professeur de danse à domicile. Achète sa première guitare.

1939-1945. Pendant la guerre, sa participation aux army shows lui vaut le titre de « sergent chantant ».

1945. Démobilisé, se trouve un emploi chez Goodyear où il rencontre Jeannette Lemieux; ils se marient le 3 février.

1946. En tournée avec le folkloriste Victor Martin, il inscrit plusieurs chansons western à son répertoire et se fait remarquer par RCA. Le 13 juin, il enregistre ses quatre premières chansons : Je suis un cowboy canadien/Tu m’attendras ma tendre mère ; L’amour des roses/Cette belle sérénade. La même année, Je chante à cheval le propulse au sommet avec 100 000 disques vendus.

1947-1948. Anime une émission radiophonique hebdomadaire de 15 minutes à CJSO (Sorel), intitulée Willie Lamothe et ses chansons. Quitte son emploi à la Goodyear. Allô, allô, petit Michel, enregistrée en 1948, se vend à 145 000 exemplaires.

1949. Effectue des tournées pour la Living Room Furniture et forme sa propre troupe de spectacles : humour, performances artistiques diverses et chansons sont à l’honneur.

1950. Forme, au début de l’année, une deuxième troupe avec le comique Wildor, la danseuse Fleurette Hawey et la chanteuse Rita Germain, de qui il demeure partenaire pendant 11 ans. CKVL amorce la diffusion hebdomadaire de Willie Lamothe et ses cavaliers des plaines ; cette émission, enregistrée au Café St-Jacques, restera en ondes plusieurs années.

1951. Engagé par la troupe de Jean Grimaldi, il travaille, entre autres, avec Olivier Guimond et Manda.

1952-1954. Se produit à deux occasions au Forum de Montréal, en première partie du spectacle du légendaire Gene Autry.

1954. Fait ses débuts à la télévision de Radio-Canada dans Porte ouverte, puis apparaît à plusieurs reprises dans Le Petit café. Travaille désormais avec les grands noms de la télévision et du spectacle, comme Charles Trenet, Jean Rafa, Juliette Pétrie.

1956. Quitte la compagnie de disques RCA pour London.

1961. Dès l’ouverture du « canal 10 » (TVA), coanime Chez Isidore avec Pierre Daigneault.

1961-1966. Subit la baisse de popularité qui affecte le style western en faveur du rock’n roll et du yé-yé.

1967. Formation du tandem Willie Lamothe/Bobby Hachey. Participe au Grand Ole Opry à Nashville, Tennessee.

1970-1973. Collabore à l’émission radiophonique estivale Opération vacances, diffusée par CJMS.

1970-1976. Anime Le ranch à Willie (CFTM-TVA), une émission musicale hebdomadaire qui relance sa carrière.

1970-1971. 8 000 et 9 000 personnes se rassemblent au Centre Paul-Sauvé pour l’entendre chanter.

1971. Commence sa carrière cinématographique dans La vraie nature de Bernadette, de Gilles Carle.

1972. Toujours avec Gilles Carle, joue dans La mort d’un bûcheron, un film qui représente officiellement le Canada au Festival de Cannes, où il gagne le prix du meilleur interprète masculin de soutien et du compositeur de la meilleure musique originale.

1974. Joue le rôle cinématographique le plus important de sa carrière dans Mustang, de Marcel Lefebvre. Tourne plusieurs commerciaux pour Labatt, Imperial Tobacco, A&W.

1975. Réalise une tournée triomphale en Louisiane.

1976. Parution de l’album 30 ans de carrière puis Nashville.

1978. Subit, le 29 mai, un accident vasculaire qui le laisse partiellement paralysé.

1992. Décède le 19 octobre. Plus de mille personnes assistent à son service funéraire, tenu à Saint-Hyacinthe.

Cowboy et Canadien français

Les chansons de Willie Lamothe se situent d’emblée du côté ensoleillé et insouciant de la vie. Par exemple, J’adore toutes les femmes, enregistrée en 1948, n’est pas sans rappeler quelque ballade de Tino Rossi. Appuyée sur des orchestrations de Fernand Thibault (1920-1967) à partir de 1949, la musique du « cowboy canadien » traduit elle aussi des influences très chansonnette. Pour un temps, d’ailleurs, les chansons de Lamothe s’apparentent à ce point aux airs français à la mode qu’on serait en droit de le définir comme un chanteur de variétés qui aurait emprunté le style western. Mais peu importent les nuances expressives qu’elles empruntent, les chansons de Willie Lamothe s’élaborent selon quatre grands axes : l’amour, la vie onirique des cowboy, l’évocation des gens et les lieux et, enfin, les éléments autobiographiques.