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CHANSON EN MONTÉRÉGIE / VAGUE YÉ-YÉ ET ROCK
EN FRANÇAIS
Dès le milieu des années 1950, lapparition du rockn roll signale la présence des jeunes comme groupe particulier; mais cest bien peu de choses en comparaison des années 1960, lorsque ces derniers, prenant conscience de leur existence en tant que groupe, inventent leur propre culture et esquisse une autre perspective sociale et culturelle. Ce processus daffranchissement passe nécessairement par une contestation globale dun monde dominé jusque-là par les adultes. Dun point de vue musical, leffervescence de la jeunesse connaît deux grandes périodes au cours des années 1960 et 1970. La première, quon qualifie de yé-yé, sétire du début de la décennie 1960 à Expo 1967; la deuxième, qui procède largement de la première, donne naissance au phénomène du rock en français, dont les influences résonnent jusquà aujourdhui. La Montérégie est appelée à jouer un rôle de première importance dans cette évolution. Parmi toutes les expressions qui définissent la jeunesse au cours de cette période, aucune nest plus distinctive que la musique rock, issue de la fusion des traditions populaires noires et blanches américaines. Dans la seconde moitié des années 1950, alors que le rock étasunien sassoit dans ses formes permanentes, le phénomène, au Québec, éclate en plusieurs tendances, chanteurs westerns, chansonniers et artistes de variétés tentant de lintégrer avec plus ou moins de bonheur à leur univers musical. La décennie, toutefois, se termine sur une évolution qui change la donne, lorsque la guitare électrique devient linstrument privilégié de plusieurs groupes. En avril 1959, les Del Tones de Saint-Jean sont le premier groupe dadolescents à simposer; devenus les Beau-Marks, les jeunes hommes connaîtront le succès avec lenregistrement de Clap your hands.
Cest dans les salles de danse, où ils sentassent
parfois à 600 ou 800, que les adolescents prennent contact avec
leurs idoles. À partir de 1962, lémission Jeunesse
daujourdhui donne une impulsion En 1968, alors que meurent les années yé-yé, Robert Charlebois propose une nouvelle avenue au rock en offrant aux poètes du Québec, et à leur message, une scène plus populaire que celle des chansonniers. Ce mouvement de renouveau est favorisé par une décision du Conseil de la radio et de la télévision canadienne (CRTC) qui oblige toutes les radios francophones à diffuser un minimum de 65 % de chansons en français. Le groupe Offenbach, dont plusieurs des membres fondateurs sont montérégiens, est celui qui fera la meilleure fusion des rythmes rock et du verbe des poètes, urbains pour la plupart. Moins connu, le groupe Dionysos de Valleyfield a choisi, lui aussi, dexprimer la modernité musicale du Québec avec des textes originaux en français.
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