LES ARTS VISUELS EN MONTÉRÉGIE / ALLAN EDSON

Un grand paysagiste


Au moment de sa mort, alors qu’il est au sommet de son art, Allan Aaron Edson est déjà considéré comme le meilleur paysagiste qu’ait connu le Canada. Comme il manie avec une égale aisance l’huile et l’aquarelle, ses toiles s’attirent très tôt l’estime d’une clientèle de choix, dont plusieurs riches Montréalais – Lord Strathcona, Andrew Allan, Lord Mount Stephen, Sir W.C. Van Horne, G.A. Drummond - et même la reine Victoria, pour qui la princesse Louise acquiert deux toiles, exposées dans le château Windsor, à Londres. Preuve de son succès, la dernière production d’Edson, une centaine d’huiles et de pastels, s’envole et lui rapporte 5 000 $.

 
 Repères biographiques

L’engouement pour l’œuvre d’Edson ne tient pas qu’à son talent, mais aussi à son style, d’un réalisme plaisant, et à la pertinence socio-politique des sujets qu’il aborde. À une époque où le Canada est un jeune pays qui se cherche une identité, Edson séduit par sa description très personnelle des paysages, où les influences américaines et européennes cèdent le pas à une originalité vraiment canadienne. Avec force détails et une minutie extrême qui s’approchent de la photographie, jouant des effets de lumière et de brouillard, alternant les zones claires et les ombres des sous-bois et maniant les coloris comme aucun, Edson insuffle à ses paysages une vision romantique et spirituelle inégalée. Il sait aussi traduire dans ses tableaux l’attachement qu’il porte à sa région natale, les rivières Pike et Yamaska, le lac Brome et les montagnes de Sutton servant de substance au déploiement de son talent. À son décès, The Montreal Gazette n’hésitera pas à affirmer que tous les paysages d’Edson, même lorsqu’ils sont étrangers à la région, portent la marque des impressions de jeunesse de l’artiste, rappellent inlassablement les bois de Missisquoi et les collines de Shefford.

 
 Une région qui inspire