 |
La production
Dans
sa forme la plus élémentaire, luvre
de labbé Gadbois est dimprimer sur papier
des pièces musicales et de les distribuer par la suite.
Pour ce faire, il doit donc adopter des procédés
lui permettant de produire des chansons, de les imprimer et
de les diffuser. Si le processus semble facile au départ,
le professeur de musique doit faire ses classes assez rapidement
dans son rôle déditeur, car le produit répond
à un besoin réel et la demande est de plus en
plus forte.
Les chansons
Bien avant la diffusion des chansons, labbé Gadbois
doit se procurer des autorisations de reproduction et acquérir
des droits dauteurs. À cet effet, il effectue un
premier voyage en Europe à lété 1938.
Il achète alors des partitions déditeurs
français auprès desquels il obtient, entre autres,
des chansons dAlbert Larrieu et de Théodore Botrel.
Mais en plus de ses contacts français, il collabore avec
des éditeurs ontariens, québécois et américains.
Les talents de musicien du directeur de La Bonne Chanson sont
également mis à contribution dans le processus
de production. Au fil des ans, labbé
Gadbois rédige des textes, compose de nombreuses musiques
et adapte
plusieurs chansons. La modification des textes de certaines
chansons lui semble nécessaire afin de les rendre plus
conforme à lidéologie propagée par
son uvre. Ce faisant, il exerce une forme de censure afin
de purifier les textes de toutes allusions pouvant nuire à
limage éducative, moralisatrice et patriotique
de La Bonne Chanson.
Latelier de production
Dès les débuts de lentreprise, alors que
labbé Gadbois veut encourager la diffusion de la
musique auprès des élèves du Séminaire,
les ateliers sont installés dans un petit local au deuxième
étage, dans un ancien local de la procure. En septembre
1938, soit près dun an après limpression
de la première chanson, La Bonne Chanson sinstalle
dans des locaux plus vastes, situés sous la chapelle,
au sous-sol
du Séminaire.
Les ouvriers
Au départ, labbé Gadbois sollicite les
étudiants
afin de laider à produire les premières
chansons. Mais assez rapidement, il doit embaucher des techniciens
professionnels pour assurer la qualité et la continuité
de la production. Les étudiants, quant à eux,
prêtent main forte afin dassembler
les albums avant quils ne partent pour la reliure.
Après la Seconde Guerre mondiale, dix ouvriers sactivent
dans les ateliers. Parmi eux, trois célibataires qui
reçoivent 70 cents/heure. Lors du mariage dun employé,
labbé Gadbois verse une prime de 100.00$ et le
salaire est augmenté à 75 cents/heure. À
la naissance de chaque enfant, le directeur accorde une autre
augmentation de 5 cents lheure et une offre nouvelle prime
de 100.00$. Ces encouragements au mariage et à la «
famille » sont conformes à lidéologie
transmise par luvre de labbé Gadbois.
Un équipement moderne
Afin de répondre à la demande sans cesse grandissante,
labbé Gadbois nhésite pas à
investir dimportantes sommes dargent afin de se
procurer de léquipement moderne. Très rapidement,
on abandonne le miméographe, une sorte de duplicateur
à stencil, pour une presse
pouvant imprimer plus de copies à lheure. Mais
laissons un témoin de lépoque nous décrire
latelier et léquipement sy trouvant
:
« Cest dabord la « réserve
», salle ceinturée darmoires où sont
classées les chansons. Il y en a des milliers, et pourtant
cest encore trop petit puisquon a dû utiliser
le reste du sous-sol où saligne une longue théorie
de tables chargées de ces copies qui partiront dans quelques
jours et seront remplacées par dautres qui subiront
le même heureux sort daller chanter par tout le continent
la pensée française.
Entrons dans la chambre photographique. Un monstre noir, flanqué
de deux yeux puissants, deux réflecteurs, est campé
sur un pied chromé : cest lappareil qui agrandit
ou rapetisse les dessins à volonté et qui obtient
les négatifs requis.
On y voit également plusieurs caméras et ciné-caméras
de grande valeur et de précision hors ligne. Ici, un sécheur
de films, là un classeur à plaques. Dans un coin,
un coffre-fort garde jalousement des centaines de précieux
clichés
De là, on passe à la chambre noire. Linstallation
est complète et moderne. Agrandisseur, bassin rotatif,
châssis pneumatique pour limpression des plaques de
zinc, sécheur, table à retoucher, acides, etc.,
rien ne manque, car « La Bonne Chanson » photographie
et développe ses propres clichés.
La grande salle dimpression. Il y a dabord le
service graphique : clavigraphe pour écrire la musique,
dactylographe électrique comportant près de trente
caractères différents. Le service dimpression
: cest le « Multilith », appareil photolithographique
dune capacité de 5 200 copies à lheure;
et
le service dexpédition
: tranche à papier, brocheuses, adressographe électrique
comportant 12 000 adresses ».
|
 |